Aller, on balance les doss’, côté pinar cette fois ! En France, la viticulture ne représente que 3% des surfaces cultivées mais consomme 20% du total des pesticides employés dans le monde agricole français. Plus d’infos ici. Or, les pesticides de synthèse contribuent à des problèmes environnementaux et sanitaires graves, tels que la pollution des sols et des eaux, la destruction de la biodiversité, notamment d’insectes, et l’augmentation de perturbations endocriniennes. Il est donc urgent de se saisir du sujet. Notre vin est politique aussi, pardi ! Ne le laissons pas virer vers les extrêmes.
La Charente et la Gironde sont les départements les plus touchés mais la Touraine n’est pas peu concernée. La carte Solagro des pesticides en France met en exergue la corrélation entre les terroirs de vigne et ceux contaminés par les pesticides. Les autres zones rouges sont liées aux cultures de patates, de betteraves et de blé.
Aujourd’hui, pour une simple question de fric comme d’hab’, règne une malheureuse omerta sur le sujet. De plus en plus de gens tombent malades dans les zones concernées. Il existe même une vallée dite « du lymphome » en Charente, où des victimes se mobilisent corps et âme contre l’intouchable agro-business de la vigne. À Preignac, en Gironde, la situation est la même. Dans ce village de 2000 habitants, il y a six fois plus de cancers d’enfants que dans le reste de la France. L’école est encerclée par des vignes traitées aux pesticides. Plus d’infos ici. Pas ouf du tout, mais alors du tout.
Et breaking news qui va vraiment nous achever l’envie de boire de la merde : un chef cuisinier et un scientifique se sont associés en 2018 pour comprendre si les pesticides altéraient le goût du vin. Résultat : OUI, et c’est passionnant. En faisant « déguster » des pesticides purs dilués dans de l’eau minérale, aux mêmes doses retrouvées dans les vins, l’enquête a révélé que : 85% ont réussi à identifier au moins un pesticide et 58% ont réussi à tous les percevoir. C’est Pascal Praud qui va être content, paraît qu’il aime les pintes de glypho’. Plus d’infos ici et ici.
En agriculture biologique, les pesticides de synthèse sont strictement interdits. Seuls les pesticides naturels sont autorisés. La seule polémique réside en l’utilisation de cuivre contre le mildiou. À petite dose, c’est sans risque, mais à forte dose, la profession s’interroge encore. Plus d’infos ici. À noter : l’approche des vins en biodynamie – reconnaissable au logo Demeter ou Biodyvin – pousse le bouchon encore plus loin avec une approche de la vigne sur le plan tangible et énergétique. Elle s’inscrit notamment dans une logique de “phytothérapie” de la vigne et des sols via des purins de plantes et un travail de la vigne en fonction du cycle de la lune. In fine, le plus important est donc d’échanger directement avec votre vigneron ou vigneronne sur ses méthodes de travail.
Attention : le lobby viticole a récemment trouvé un subterfuge pour verdir son image. Le label HVE (Haute Valeur Environnementale), ça vous dit quelque chose ? Il a été démontré que son contenu n’était pas plus exigeant que la moyenne des pratiques agricoles françaises. L’utilisation de pesticides de synthèse, dont le glyphosate, y reste entièrement autorisée. C’est pourquoi on retrouve des résidus de pesticides dans les vins HVE. Plus d’infos ici.
Pour finir, du soufre – ou sulfites – est ajouté dans la majorité des vins. Il sert à faciliter leur stabilisation et leur conservation. Il peut causer des maux de tête et des allergies selon la personne et la quantité ingérée. Les seuils sont différents selon les modes de fabrication et la nature du vin. Voici les seuils maximaux pour les vins rouges :
160 mg/L en conventionnel
100 mg/L en biologique
80 mg/L en biodynamie
30 mg/L en naturel
Eh donc oui, l’heure est venue de parler des vins natures ou naturels. On entend souvent dire l’oncle Jean-Gilles buvant un bordeaux du Super U dire qu’il a goûté une fois et qu’il a trouvé ça mauvais. Jean-Gilles n’a tout simplement pas regoûté ! La profession travaille depuis plusieurs années à réaliser une prouesse de compréhension du vivant absolument fabuleuse : des vins sans pesticides de synthèse ET sans sulfites ajoutés, des vins dit « propres » ou « vivants » ! Les vins naturels sont souvent les plus difficiles à réaliser dans le monde du vin car ils s’interdisent toute triche. Zéro dans la viticulture, zéro dans la vinification. Du raisin et puis c’est tout ! Aujourd’hui, les vins naturels ont trouvé une place de choix dans les plus belles tables du monde. Beaucoup de Chefs étoilés français ne proposent à leur carte plus que des vins naturels.
Pour trouver des caves, bars ou restaurants qui mettent l’accent sur les vins naturels, foncez sur l’application Raisin, votre nouveau partenaire de voyage. À Tours, on a notamment La Cav’ par 3, la Cave du Théâtre et l’épicerie Dejault comme références de cavistes engagés pour des vins vivants. Côté restaurants, on se régale avec la carte des vins de Chez Gaster, des Brocanteurs, ou de chez Case. Côté bars, on fonce au Bistrot 64 chez Ben & Ben et chez Dame Jeanne. À noter : La Fourchette Paysanne sera bientôt labellisée Raisin.
Vive les vins libres !
